Au fil des mots…

L’ATTENTE

Être dans l’attente, ça n’est pas « Être », c’est avoir son attention coincée dans son mental, c’est être coupé de l’instant présent pour se retrouver projeté dans l’histoire, dans le scénario catastrophe créé de toutes pièces par le mental.

Car qui, à part le mental peut nous faire attendre ? Attendre quoi ? Attendre qui ?…    Attendre soi !

Qui à part le mental peut nous faire croire que nous avons le pouvoir d’influencer, de contrôler, de maîtriser quelque chose à l’extérieur de nous, quelque chose qui ne dépend pas de nous ?

Qui à part le mental peut nous faire chuter dans une vibration basse de peur, de colère, de rage ou de haine et activer ainsi nos blessures de trahison, d’abandon, de rejet, d’humiliation ou de jugement ?

Vouloir n’est pas une certitude, une assurance d’obtenir, mais attendre c’est toujours vibrer en soi le manque, le vide, la peur.

C’est mettre sa capacité de vie en suspens, c’est remettre son pouvoir entre des mains extérieures à soi, c’est renoncer à son propre pouvoir de co-créateur/ tion.

La vie ne se fait pas attendre, elle n’attend pas, elle est là, ici et maintenant.

L’ALLÉGORIE DE LA CALÈCHE ou l’image du corps humain

Pour faire suite à “l’Émergentolive n°3”, je vous présente « l’allégorie de la calèche ».

Cette allégorie de la calèche ne sort pas de ma petite tête, c’est une image qu’on retrouve à la fois chez Platon, dans le mythe de Phèdre sous le titre « l’attelage ailé de l’âme ». Dans les textes sacrés de l’Inde : les Upanishads. Chez Gurdjieff et enfin, de façon beaucoup plus interprétée, dans le livre de Michel Odoul, le fondateur de l’Institut Français de Shiatsu. « Dis-moi où tu as mal et je te dirais pourquoi » chez Albin Michel.

Cette métaphore est destinée à nous aider à comprendre
  • Les différents plans (les différentes dimensions) qui régissent notre existence,
  • Les interactions qui les animent (ce qui les met en mouvement).
  • Et comment trouver l’unité et l’harmonie en nous-mêmes.

En nous comparant à un attelage. Un attelage ? c’est ça !

calèche

  • La calèche, avec ses roues et son habitacle représente notre corps donc le plan physique.
  • Les chevaux représentent les émotions donc le plan émotionnel.
  • Le cocher (le conducteur de l’attelage) représente le mental/conscient donc le plan mental.
  • Le maître de l’attelage (le voyageur invisible) représente le soi supérieur, l’âme, le moi profond, donc le plan spirituel.
  • L’ensemble physique, émotionnel et mental représente la personnalité, l’ego.

Et cet attelage roule (du moins essaye d’avancer du mieux qu’il peut) sur le chemin de la vie. Le chemin de la vie c’est le fil conducteur que chaque être humain suit au cours de son existence. Il peut être comparé au scénario d’un film ou au roadbook d’un pilote de rallye.

Vous avez peut-être d’ailleurs entendu ou lu l’expression « légende personnelle » que l’on trouve dans le livre de Paulo Coelho « l’Alchimiste ». Notre chemin de vie, c’est notre légende personnelle.

Le chemin sur lequel la calèche circule est un chemin de terre. On peut même dire que c’est le chemin sur la Terre ! Et comme tous les chemins de terre, il comporte :
  • Des trous, des bosses et des cailloux qui sont les difficultés et les heurts (les coups plus ou moins violents) de la vie.
  • Des ornières qui sont les habitudes, les schémas, les programmes, déjà existants, les mémoires que nous reprenons des autres (nos parents, nos lignées familiales) ou de nos vies antérieures et que nous reproduisons inconsciemment ou non.
  • Des fossés, plus ou moins profonds, représentent les règles, les limites à ne pas franchir, sous peine d’accident. Les heures de sommeil, la nourriture, boire de l’eau…
  • Ce chemin comporte également parfois des virages, qui empêchent une bonne visibilité (vous avez perdu votre emploi, votre conjoint décède).
  • Et enfin la météo n’est pas toujours très bonne, il y a la pluie, les orages, le brouillard…

Tout ceci représente donc les phases de notre vie où on est dans le brouillard, où on ne voit pas vraiment très clair, où on ne peut pas anticiper quoi que ce soit.

Maintenant que le chemin de vie a été défini, voyons plus précisément les 4 différents plans :


La calèche
: elle représente le plan physique.

Notre véhicule physique c’est notre corps.

  • Les roues arrière, les plus grosses, représentent nos jambes. Elles transportent notre corps, comme les roues arrière portent la charge de la calèche.
  • Les roues avant, les bras, suivent la direction donnée par la conscience. Je veux faire un câlin à mon matou, je tends les bras vers lui. De la même façon, les roues avant suivent la direction donnée par le cocher.

L’état du corps physique dépend de l’entretien que lui procure le cocher, mais aussi de la façon dont tirent par les chevaux.

Les chevaux : Ils représentent le plan émotionnel, les émotions.

Cette calèche est une 2 CV, elle est mue par deux chevaux : un blanc, le principe masculin (YANG), qui est à gauche et un noir, le principe féminin (YIN) qui est à droite.

Les chevaux symbolisent nos émotions, nos passions, nos envies.  Ce sont elles qui nous fournissent l’énergie pour nous tirer, pour avancer et peuvent même et c’est là un problème, mener notre vie. Les émotions sont le moteur de notre vie.

Ce sont les émotions négatives (désagréables) qui nous signalent lorsque nous ne sommes pas justes, pas alignés, pas centrés face à une situation. Elles nous indiquent alors que nous devons switcher, nous adapter ou changer. Ce sont elles qui nous font évoluer à chaque instant, qui nous recentrent et qui nous ramènent à ce qui nous anime profondément.

Il est donc vraiment important que vous preniez conscience que, quelle que soit l’émotion négative : peur, doute, crainte, colère, haine… vous devez :

  • l’accueillir,
  • l’accompagner, un peu comme vous prendriez par la main un enfant qui souffre ou qui est en colère,
  • la reconnaitre : oui je te vois, je t’entends, vas-y exprime-toi,
  • lui laisser prendre temporairement toute sa place : n’essayez pas de la faire disparaitre trop vite,
  • observez-là et parlez-lui, pour pouvoir obtenir son message,
  • et enfin libérez-là.

Pour cela, donnez-vous le droit de vivre vos émotions et ne les réprimez pas. Rappelez-vous vous que « tout ce qui ne s’exprime pas, s’imprime ».

Le cocher : il représente le plan mental, là où se créent les pensées.

Les fonctions du cocher sont en principe :

  • De transmettre au maître les informations provenant de l’extérieur : milieu hostile, grande fête…
  • D’entendre les directives du maître en réponse aux informations transmises : prendre ses distances, se sauver, filer une baffe…
  • D’être capable de maîtriser les chevaux, de les mener dans la direction indiquée par le maître : ne pas se laisser gagner par la peur, sortir de sa torpeur…
  • De prendre soin, intelligemment de la calèche (ne pas être un mouton et ne pas suivre les marronniers des magazines : maigrir, faire le régime à la mode…

Vous vous rendez bien compte à quel point le mental est important. On ne peut en aucun cas le faire disparaitre puisque c’est lui qui doit faire le lien entre le soi-supérieur et l’égo/personnalité et faire en sorte qu’elle puisse exprimer concrètement la volonté du maître dans ce monde 3D.

Cette analogie montre donc très clairement que le comportement des chevaux (les émotions) dépend essentiellement de la façon dont ils sont dirigés par le cocher (le mental).  Et donc que :

  • Nos états émotionnels sont dépendant de nos pensées et non pas de ce qui se passe à l’extérieur !
  • La qualité de vigilance et la conduite du cocher, ferme et en douceur, conditionnent la qualité et le confort du voyage (notre existence).
  • La façon dont le cocher brutalise les chevaux (les émotions) ou les brime, va provoquer l’énervement ou l’emballement et ils risquent de conduire la calèche à l’accident. Nos émotions nous conduisent parfois à des actes irraisonnables, voire dangereux !
  • Le manque de concentration,  de vigilance va conduire l’attelage  dans les ornières (reproduction de schémas parentaux, par exemple). Nous passons alors en « mode mouton » et suivons la trace des autres, en courant le risque d’aller droit dans le fossé, comme eux l’ont fait.
  • Une vigilance trop faible, ne permettra pas d’éviter les trous, les bosses, les nids-de-poule et le voyage sera très inconfortable pour la calèche, le cocher et le maître intérieur.
  • Si le cocher dort, est pris dans trop de pensées, trop de divagations ou s’il ne tient pas les rênes, ce sera alors les chevaux qui dirigeront la calèche, ils iront où ils voudront et sans doute pas là où il est juste qu’ils aillent.
  • Lorsque le cocher conduit trop vite, force trop, comme nous le faisons parfois ou souvent, ou si les chevaux s’emballent, c’est direct le fossé, l’accident qui arrête plus ou moins violemment l’attelage, avec plus ou moins de dégâts (blessures, traumatismes…).

Le maître de l’attelage qui représente le plan spirituel.

On l’appelle encore « guide intérieur », âme, essence, partie non incarnée… C’est un passager que l’on ne voit pas. C’est l’aspect de l’humain qui est porteur des plus hautes qualités de cœur et d’esprit qui puissent se concevoir. Seul le maître connait la véritable destination et sait trouver le bon chemin, au bon moment. Comment communique t’il avec le cocher ? Par l’intermédiaire de ce que l’on nomme intuition, présence à soi, petite voix, peu importe !

Si le cocher (le mental), ne prend pas le temps de se mettre à l’écoute du passager (le vrai moi), alors le passager trouvera quand même une façon de transmettre ce qu’il a à dire au cocher. Il fera apparaitre par exemple dans ou sur le corps des symptômes divers et variés. Et les symptômes se feront plus ou moins intenses jusqu’à ce que le message soit bien transmis et reçu et que l’attelage évolue sur la voie qui est la sienne.

Mais parfois aussi…

Une roue ou une pièce de la calèche lâche (et c’est la maladie), soit parce qu’elle était trop fragile, soit parce que la calèche est passée sur trop de bosses et dans trop de trous (trop de comportements et d’attitudes inadéquats). Il faut alors réparer !

Selon la gravité de la panne :

  • On peut le faire soi-même, par le repos, la cicatrisation…
  • Il faut faire appel à un dépanneur en utilisant les médecines douces, naturelles, par exemple.
  • L’urgence nécessite un réparateur comme une opération par exemple.

Quoi qu’il en soit, on ne peut pas se contenter de changer une pièce ! Il va falloir réfléchir à la conduite du cocher et à la manière dont nous allons changer nos comportements, nos attitudes face à la vie, si nous ne voulons pas qu’une nouvelle panne se produise.

Car comme l’a si bien dit Einstein : « La folie est de toujours se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent » !

En conclusion…

Dans cette métaphore, l’expérience de l’incarnation humaine se présente comme un voyage. Et pour qu’il soit réussi, il faut impérativement respecter les 4 plans de l’être, car chacun est important pour arriver à bon port.

  • Si les roues ou le bois de ta calèche sont en mauvais état, tu n’iras pas loin, donc entretien ton corps !
  • Sans l’énergie des chevaux, la calèche n’avance pas, tu fais du sur-place, donc nourri tes passions, ce qui te fait vibrer, ce qui te fait bouger !
  • Si le cocher ne dirige plus ses chevaux et qu’ils se mettent à tirer dans tous les sens, l’accident fatal est inévitable, donc sois responsable, clair, précis et ferme sur l’endroit où tu veux aller.
  • Quant au maître/voyageur invisible, si tu l’ignores ou l’oublies, tu ne sauras pas où aller et tu te perdras. Donc sois dans ton cœur, écoute le silence et tu pourras orienter ta vie, de la façon la plus juste pour toi.

Souvenez-vous, l’Homme accompli est multidimensionnel !